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ACCROSH - Acceptabilité de la Robotique Sociale Humanoïde

Project Coordinator : LIG
Project Manager at GIPSA-lab : Gérard BAILLY

Project realized thanks to the support of : CNRS - PEPS

Start date : 2013/02/01

Duration : 24 mounths


 

Des robots personnels à usage domestique réalisant des tâches simples commencent à rentrer dans nos vies quotidiennes (par exemple, le robot-aspirateur capable de slalomer entre les meubles et de revenir tout seul à sa base pour se recharger). Du fait de l’évolution démographique de nos sociétés et le vieillissement de la population, des besoins grandissants en matière de services à la personne (personnel soignant, enseignant etc.) apparaissent et encouragent le développement de robots d’assistance et de compagnons artificiels.

Pour l’instant, la robotique personnelle est excessivement « techno-centrée ». En mettant l’accent sur l’innovation technologique comme facteur de réussite « allant de soi », on ne se pose pas la question de son acceptabilité. Or, les robots personnels, en raison de leur humanisation, de leur relative autonomie et de leur immersion dans un contexte 3D, constituent une problématique particulière au sein de l’acceptabilité des technologies. En effet, la relation Homme—Robot acquiert un caractère anthropomorphique inexistant dans la relation « traditionnelle » Homme—Technologie. Pour être accepté, le robot humanoïde doit manifester des comportements anthropomorphes et des dimensions supplémentaires (dont la dimension autonomie et 3D du robot) interviennent dans la relation Homme—Robot comparativement à celle Homme—Technologie et impactent fortement les sentiments de contrôle, d’efficacité personnelle, d’attachement, etc. Comprendre quels sont les comportements anthropomorphes adéquats du robot humanoïde social, ainsi que les dimensions psychologiques induites de manière spécifique dans la relation Homme—Robot, à la fois points d’ancrage mais aussi points critiques pour son acceptation est l’enjeu scientifique majeur dans lequel ACCROS s’inscrit.

ACCROS est un projet de robotique sociale. Ce champ de recherche considère que les robots sont voués à évoluer au sein de communautés humaines et que les tâches collaboratives dans lesquels ils s’impliquent nécessitent des compétences sociales et cognitives avancées. Nous pensons qu’un des facteurs-clés de la conception, de l’utilisation et de l’acceptabilité à long-terme des robots vivant parmi les hommes réside donc dans leur capacité à percevoir, comprendre, apprendre et reproduire des comportements – communicatifs et performatifs – sociaux humains de manière autonome.
Or, en l’absence de robots suffisamment sociaux et autonomes, il est difficile pour l’instant de conduire des études d’usage sur la dynamique des Interactions Homme-Robot (HRI) ainsi que sur leur acceptabilité et leur efficacité à long-terme. Au lieu de reporter ces questions centrales d’acceptabilité sociale à une maturation technologique de l’autonomie décisionnelle et comportementale de la robotique, nous proposons d’inverser l’ordre de subsidiarité des études. Notre stratégie de recherche vise à « doter » d’abord un ensemble de robots humanoïdes de compétences sociales par télé-opération immersive (beaming) ; puis de faire l’analyse des traces d’Interaction Homme-Robot ainsi obtenues afin de progresser vers la gestion autonome des boucles de perception-décision-action gérées initialement par le téléopérateur.
Dans ce projet, nous proposons de mettre en place la méthodologie et le dispositif expérimental permettant d’appliquer cette stratégie de recherche en abordant l’acceptabilité des demandes d’un robot à une personne. Ces demandes s’exprimeront par des comportements multimodaux anthropomorphes (nous excluons pour ce projet le recours à des succédanés de type leds, signaux sonores synthétiques etc.) engageant à une personne à faire quelque chose : communication verbale et non verbale, gestes de désignation (deixis), vergence du regard, proxémie etc. L’expression des attentes du robot met en jeu de façon simultanée de nombreux comportements sociaux qu’il s’agit d’identifier et de corréler avec les profils d’usagers (ouverts à l’innovation technologique vs suiveurs de l’innovation technologique) et l’action demandée par le robot. Comment émettre des signaux multimodaux cohérents ? Sont-ils socialement adaptés à l’action ? Compris et acceptés par l’usager (rapport de dominance/soumission) ?

Nous proposons ainsi :
1. De mettre en oeuvre des moyens technologiques appropriés pour doter a priori un panel de robots de comportements sociaux pertinents et réalistes. Nous utiliserons pour ceci une technique de télé-opération immersive – que nous appellerons beaming par la suite en référence aux expérimentations conduites dans le projet FP7 Beaming 2– permettant à un manipulateur humain de percevoir, comprendre, apprendre et agir à distance sur le monde physique à travers une incarnation robotique (Normand 2012). Notre hypothèse est que nous obtiendrons ainsi des comportements socialement adaptés ;
2. De doter des robots d’une mémoire comportementale leur permettant de capitaliser ces traces d’interaction sociale. Ce corpus pourra être exploité ultérieurement pour développer l’autonomie et la sociabilité des robots ;
3. De mettre en place une plateforme de robotique humanoïde orientée vers la modélisation et la synthèse de comportements autonomes et sociaux pour l’Interactions Homme-Robot dans des situations de la vie quotidienne. Pour cela, nous utiliserons les techniques de planification automatique, modélisation sociale à base d’agents et agents conversationnels animés ;
4. De réaliser une étude psychosociale des ressentis et comportements d’un panel de personnes engagées dans une tâche demandée par des robots. Notre objectif est de comparer les facteurs d’acceptabilité de l’interaction supervisée par beaming (baseline) d’une part, et par comportements autonomes d’autre part. Les attendus de cette étude sont des grilles d’analyses comportementales et psychologiques spécifiques à l’Interaction Homme-Robot et se situant par rapport à celles établies pour les usages des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et celles plus classiques conditionnant les interactions humaines. Cette étude comparative permettra d’identifier et valider scientifiquement les verrous abordés par les boucles autonomes de perception-décision-action ;
5. De rassembler un consortium multidisciplinaire de spécialistes en sciences humaines et sociales (SHS) et de spécialistes en sciences et technologies de l’information (STIC) afin définir des scénarios d’interaction révélant au mieux l’impact de la cognition sociale sur les comportements multimodaux puis d’exploiter les signaux multimodaux d’interaction située collectés, du point de vue plus centré SHS, pour contribuer à la définition de profils d’usage et d’usagers et, du point de vue plus centré STIC, pour extraire des modèles de perception, de compréhension, d’apprentissage et de génération de comportements autonomes et sociaux.


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