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DELEBECQUE Louis

Étude, analyse et modélisation physique de la production de la parole avec applications aux troubles liés à une surdité profonde

 

Directeur de thèse :     Xavier PELORSON

Co-directeur de thèse :     Denis BEAUTEMPS

École doctorale : Electronique, electrotechnique, automatique, traitement du signal (eeats)

Spécialité : Signal, image, parole, télécoms

Structure de rattachement : CNRS

Établissement d'origine : Université Paris VI

Financement(s) : contrat à durée déterminée

 

Date d'entrée en thèse : 10/10/2011

Date de soutenance : 21/09/2015

 

Composition du jury :
Christophe d'ALESSANDRO, DR CNRS, LIMSI, Orsay,
Avraham HIRSCHBERG, Prof. émérite, Technical University of Eindhoven
Joël GILBERT, DR CNRS, LAUM, Le Mans,
Christophe VERGEZ, DR CNRS, LMA, Marseille,

 

Résumé : L'apprentissage du langage parlé nécessite un contrôle musculaire très précis des différents organes intervenant dans la production de la parole. La production de sons voisés, qui résulte de l'auto-oscillation des cordes vocales, est notamment influencée par l'ensemble du système phonatoire, du diaphragme jusqu'aux lèvres. Les travaux réalisés dans le cadre de cette thèse s'inscrivent dans un contexte de modélisation physique de la parole. Les objectifs s'articulent autour de la compréhension des phénomènes physiques gouvernant la production de sons voisés. Les études sont appliquées à des cas pour lesquels le contrôle de la production est fortement altéré, lorsque le locuteur souffre de pertes auditives importantes. Dans ce cas de figure, les interactions physiques peuvent jouer un rôle important dans l'apparition de troubles de la production. La démarche adoptée consiste alors dans un premier temps à observer les phénomènes étudiés au moyen de mesures in vivo puis à proposer des modèles théoriques mécanique, aérodynamique et acoustique permettant de les décrire. Ensuite, les modèles sont validés en comparant avec des mesures réalisées sur une maquette de l'appareil phonatoire. Finalement, des simulations numériques temporelles basées sur un modèle à deux masses pour décrire le comportement mécanique des cordes vocales, permettent de tester les modèles physiques pour des cas concrets de production. La première étude se concentre sur les sauts de fréquence fondamentale qui accompagnent les transitions involontaires entre deux mécanismes laryngés lors de la production d'une voyelle. Les travaux expérimentaux et numériques montrent qu'une transition de mécanisme laryngé est la manifestation d'une bifurcation du système laryngé et que ces bifurcations se produisent lors d'une variation de la raideur des cordes vocales, de la pression sous-glottique, de l'aire glottique initiale ou bien de la longueur des résonateurs acoustiques. Les modèles théoriques permettent de reproduire les sauts de fréquence fondamentale observés expérimentalement. Ils sont utilisés pour étudier les différentes stratégies motrices responsables de ces sauts de fréquence. La deuxième étude porte sur la production de consonnes plosives, en particulier sur les effets de la réalisation d'une occlusion du conduit vocal sur l'arrêt puis l'apparition de l'oscillation des cordes vocales. Les simulations de séquences voyelle - plosive bilabiale non voisée (/p/)- voyelle effectuées montrent que l'expansion passive de la cavité supraglottique est à l'origine du maintien de l'auto-oscillation des cordes vocales après la fermeture du conduit vocal et que l'augmentation de la longueur du conduit vocal a pour effet de réduire le délai entre le relâchement de l'occlusion et l'apparition de l'oscillation des cordes vocales. Ces résultats impliquent que l'articulation joue un rôle considérable sur le mode de voisement (voisée ou non voisée) de la consonne et sur la valeur du Voice Onset Time pour une consonne plosive non voisée.


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