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RAPIN Lucile

Hallucinations auditives verbales et trouble du langage intérieur dans la schizophrénie :traces physiologiques et bases cérébrales

 

Directeur de thèse :     Hélène LOEVENBRUCK     Marion DOHEN     Pascal PERRIER

École doctorale : Ingénierie pour la santé, la cognition et l''environnement (edisce)

Spécialité : Sciences Cognitives, psychologie et Neurocognition

Structure de rattachement : Grenoble-INP

Établissement d'origine : INPG

Financement(s) : allocation MENRT ; Explora''doc et bourse mobilité internationale

 

Date d'entrée en thèse : 01/10/2007

Date de soutenance : 24/01/2011

 

Composition du jury :
Pascal Belin, Voice Neurocognition Laboratory, Glasgow, rapporteur Frank Laroi, Cognitive Psychopathology Unit, Liège, rapporteur Nicolas Franck, Centre de Neurosciences Cognitive, Bron, président Todd Stephen Woodward, Cognitive Neuroscience of Schizophrenia Lab, Vancouver, examinateur (co-directeur de thèse à UBC) Marion Dohen, GIPSA-lab, examinatrice Pascal Perrier, GIPSA-lab, directeur de thèse Hélène Loevenbruck, GIPSA-lab, co-directrice de thèse

 

Résumé : Les hallucinations auditives verbales (HAVs) sont des perceptions langagières en l'absence de stimuli externes appropriés. Elles sont un des symptômes les plus invalidants dans la schizophrénie. Parmi les grands types de modèles explicatifs, deux sont particulièrement intéressants : les modèles à origine perceptive, selon lesquels les voix entendues seraient dues à une imagerie mentale et des représentations auditives trop vives et les modèles à origine productive, selon lesquels la parole intérieure est perturbée de telle sorte que les propres pensées verbales du patient sont attribuées à un agent externe. Pour tester le versant moteur des modèles productifs, une expérience de recueil de traces oro-faciales lors des HAVs à l'aide de l'électromyographie de surface a été conduite auprès de patients schizophrènes. Les résultats montrent une tendance à l'augmentation de l'activité musculaire de l'orbiculaire inférieur lors des HAVs par rapport à une condition de repos. Pour tester le versant cérébral des modèles, une expérience d'imagerie cérébrale par IRMf lors de tâches de génération de pensée verbale et de perception auditive a été menée auprès de sujets schizophrènes et sujets contrôles et a évoqué une hyper-activation d'un réseau impliquant le cortex temporal et le cortex cingulaire antérieur qui reste à confirmer. La caractérisation phénoménologique des HAVs vécues par les patients a montré que les HAVs diffèrent de la pensée intérieure typique en ce que les voix entendues peuvent être nombreuses et ne sont pas celle du patient lui-même. Ainsi aucun des deux types de modèles considérés isolément n'est satisfaisant pour expliquer les HAVs. Un modèle intégratif multidimensionnel est proposé qui permettrait de mieux rendre compte de la complexité des HAVs. Il existerait, chez les patients schizophrènes une prédisposition perceptive hyper-active couplée à un système de prédiction défaillant. Les deux dysfonctionnements seraient de plus modulés par des facteurs top-down, de stress et par un biais cognitif d'externalisation.


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